Ce soir, une Espagne, à la sauce barcelonaise, tient sa première finale de Coupe du Monde. La Roja a joué son jeu, elle a eu la possession du ballon, ses milieux ont dominé et la Mannschaft n'a rien pu faire. Les Allemands, si flamboyants contre l'Angleterre puis l'Argentine ont totalement déjoué.
On aurait tendance à dire que la Mannschaft a laissé la balle aux Espagnols, que c'était prévu, que l'Allemagne aime jouer en contres, etc... Mais j'ai plutôt eu l'impression que les Allemands n'ont tout simplement jamais pu mettre le pied sur le ballon car les Espagnols l'avaient confisqué ! En plus la Roja a beaucoup eu le ballon dans la moitié de terrain adverse, les Xavi, Iniesta et autre Villa ont touché beaucoup de ballons dans des positions assez hautes. D'un point de vue tactique, il faut dire aussi que Del Bosque avait cette fois-ci fait le choix de mettre Villa en pointe et de titulariser Pedro. Bien lui en a pris. Pourtant, Fernando Torres, du coup sur le banc, est un joueur hors-norme capable de planter un but à tout moment mais il n'est pas en bonne forme physique pour ce Mondial.
Pedro a mordu à pleine dents dans cette demi-finale et on a compris pourquoi Thierry Henry s'est retrouvé sur le banc cette saison. A droite, à gauche, le jeune Pedro nous a régalé avec ses dribbles, ses provocations et ses passes comme celle qu'il adresse à Villa en tout début de match, un bijou de passe en profondeur, digne de... Xavi. Tient c'est marrant, ils jouent ensemble à Barcelone! Par contre, quel dommage que Pedro ne donne pas pas le ballon à Torres sur le contre à deux face au seul Friedrich en fin de match. Quel dommage...
Une victoire seulement 1-0 donc pour l'Espagne car la défense allemande était très bien organisée, cette domination de la Roja ne s'est donc pas traduite en grosse occasion si souvent même si on sentait bien que ça pouvait venir à tout moment.
Puyol, le guerrier catalan
La tactique mise en place par Löw a plutôt bien fonctionné dans l'ensemble, les Allemands sont loin d'avoir fait un mauvais match. Malheureusement, ils ont beaucoup couru après la balle et n'ont jamais vraiment pu déstabiliser l'organisation espagnole.
Schweinsteiger et Khedira ont vraiment été mis en difficulté par le trio Xavi-Iniesta-Busquets. Müller a beaucoup manqué pour pouvoir rivaliser et les trois milieux espagnols se connaissent par cœur. (Tiens, mais dans quel club ils jouent au fait ?) Leur jeu léché en triangle leur permet de se sortir de n'importe quelles situations même les plus chaudes et quand ce trio domine l'entre jeu, l'Espagne devient injouable. Iniesta a encore fait très très mal dans les intervalles. Ce joueur, à la technique terrifiante, possède un sens du placement et du contre-pied absolument exceptionnel, ce qui fait de lui un calvaire pour les défenses. Un bonheur à voir jouer cette Roja, il faut bien le reconnaître.
Une courte victoire pour les Ibères mais une victoire totalement méritée, l'Allemagne n'ayant eu qu'une seule vraie occasion par Kroos en fin de match et quelques frappes de loin mais Casillas veillait.
Sans le ballon, contre cette Espagne-là, il est quasiment impossible d'espérer un résultat. Avis aux intéressés (des gens qui jouent en orange par exemple..)
Finalement, le plus surprenant n'est donc pas que le seul du but du match soit espagnol mais plutôt qu'il vienne d'une tête sur corner d'un joueur espagnol. En l'occurence, Carles Puyol, oublié par la défense allemande sur un corner de Xavi. La hargne et la détermination de Puyol ont fait le reste et l'énorme coup de boule du guerrier catalan est aller se loger sous la barre de Captain Casillas. L'ami Carles avait déjà eu une grosse occasion de la tête en première mi-temps sur un coup de pied arrêté et, non content de marquer le seul but du match, il a été très présent défensivement sur Klöse notamment, laissant la relance au non moins excellent Piqué.
Toute l'Espagne croit au titre de Champion ce soir et ce n'est que légitime car même si la Hollande a une attaque plus «talent-tueuse» que la Mannschaft, on se demande bien comment les Oranje vont pouvoir contenir les diablotins du milieu espagnol.
Bert Van Marwijk a quatre jours pour y penser...
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