Il y a un an de cela, j'étais le premier à rire aux éclats en entendant les dirigeants parisiens parler d'un «big four» à la française en y incluant Paris au même titre que Lille, Lyon ou Marseille. Aujourd'hui, la donne est bien sûr très différente avec l'arrivée des Qatariens à la tête du PSG. La L1 possède désormais 4 véritables gros clubs qui vont se livrer une lutte à couteaux tirés pour décrocher le titre de champion de France.
Le LOSC est attendu
Les Lillois, qui ont refusé d'admettre qu'ils jouaient le titre pendant toute le saison dernière, ne peuvent pas se cacher en ce début d'exercice. Les hommes de Rudi Garcia sont prétendants à leur propre succession. Les arrivées de Basa, Pedretti et Payet sont venues combler poste pour poste les départs de Rami, Cabaye et Gervinho. Eden Hazard étant parti pour rester une saison de plus dans le Nord, le Losc va garder le même système de jeu, en 4-3-3, qui a fait sa réussite ces dernières années. Le même système oui mais l'animation va forcément être modifiée car, si les recrues évoluent bien aux mêmes positions que les joueurs partis, leurs profils et styles de jeu sont sensiblement différents.
Marko Basa est un défenseur central costaud, bon dans les duels au sol comme dans les airs. A ce titre, il devrait pouvoir remplacer Adil Rami et former une charnière centrale solide avec Chedjou. Pas trop d'inquiétudes en défense donc.
Benoît Pedretti va prendre la place de Yohan Cabaye dans l’entre-jeu, il va apporter sa clairvoyance, sa qualité technique dans le jeu long comme dans le jeu court mais il n'a pas (et n'aura jamais) cette capacité à se projeter vers l'avant pour venir soutenir les attaquants comme le faisait Cabaye. Rudi Garcia va devoir trouver des solutions dans ses schémas tactiques et dans les consignes données aux joueurs pour que ses attaquants soient bien soutenus car Lille va être très attendu cette saison et va devoir faire face à des équipes regroupées dont l'objectif sera de ne surtout pas prendre de but.
Dimitri Payet aura lui la lourde tâche de faire oublier Gervinho. Mais l'ex-stéphanois n'a pas du tout le même profil que l'Ivoirien. Gervinho est un dévoreur d'espace alors que Payet aime recevoir le ballon dans les pieds.
Rudi Garcia va devoir adapter ses schémas aux joueurs à sa disposition. Les qualités d'un joueur comme Dimitri Payet vont lui être très utiles face à la plupart des équipes de L1 qui joueront regroupées contre le Losc. En Ligue des Champions, la capacité de Gervinho à prendre les espaces va beaucoup manquer c'est sûr. En revanche, Benoît Pedretti a prouvé l'année dernière qu'il avait le niveau Champion's League grâce à la qualité de son jeu de passe et à l'intelligence de son placement. Sa présence sera très bénéfique au Losc dont quasiment tous les joueurs vont découvrir la LDC. Toute la difficulté pour les Lillois sera de garder la concentration et la motivation quand viendront les matchs de L1 au lendemain des joutes continentales car les autres prétendants au titre comme l'OM ou l'OL ont beaucoup plus d'expérience à ce niveau.
Les deux Olympiques seront là
Une chose est sûre, cette saison encore, s'il n'est pas champion l'OM n'en sera pas loin. Vice-champion il y a trois ans, champion il y a deux ans, et encore vice-champion la saison dernière, le Marseille de Deschamps tient sérieusement la route. Le virage pris cet été par la direction Marseillaise, en se séparant de Jean-Claude Dassier, a assis la position de «Dédèche». L'ancien champion du Monde va pouvoir façonner l'équipe comme il l'entend; en faisant tout de même quelques compromis avec son grand ami José Anigo. Faute de moyens, l'OM a recruté malin et même si le coach marseillais souhaiterait un attaquant de plus, l'effectif olympien à fière allure. Après deux matchs de championnat, Lucho Gonzalez, qui était donné partant, semble bel bien parti pour rester sur la Canebière une saison de plus après ses trois bonnes premières rencontres et cela ne déplaît pas du côté de la direction marseillaise.
Loic Rémy semble être sur la lancée de son excellente fin de saison dernière pendant qu'André Ayew continue sa montée en puissance ce qui fait de l'attaque marseillaise une des plus dangereuses si ce n'est la plus dangereuse de L1. Les renforts d'Alou Diarra, Nicolas N'Koulou, Jérémy Morel et Djimi Traoré vont solidifier les bases défensives. Les premiers matchs ont montré que ce n'était pas gagné à ce niveau mais Deschamps saura resserrer les boulons et faire en sorte que la dimension athlétique de ses joueurs fasse la différence et permette de ne pas prendre trop de buts. Avoir une défense efficace est la base d'une course au titre et ça, Deschamps le sait.
Rémi Garde le sait aussi ce qui explique sûrement l'arrivée aussi utile qu'inattendue de Bakary Koné, solide défenseur axial (23 ans, 1m88). Cris n'est plus le «Policier» mais plutôt un agent de circulation qui laisse filer les attaquants et John Mensah, de retour au club, passe en général plus de temps à l'infirmerie que sur le rectangle vert. Les Gones devaient renforcer leur arrière garde. Hugo Lloris est fidèle au poste de gardien, Aly Cissokho et Anthony Réveillère pour occuper les couloirs.
Au milieu, seuls Toulalan (Malaga) et Cesar Delgado (Monterrey) sont partis et n'ont pas été remplacés. En attaque, aucun départ et aucune arrivée.
Le Lyon version 2011-2012 fait donc dans le modeste, compte sur les joueurs déjà au club et les jeunes qui peuplent les rangs de l'équipe de France -20 ans pour redorer le blason d'un club qui s'était habitué à dominer et qui doit aujourd'hui reconstruire. Dans cette optique, Rémi Garde veut s'appuyer sur un 442 bien classique avec deux milieux axiaux solides dont la tâche principale sera de récupérer les ballons et deux milieux excentrés qui devront animer les ailes et le front de l'attaque. Lyon n'a plus joué en 442 depuis 10 ans. Après les quelques matchs de ces dernières semaines, un premier constat s'impose: Lisandro aime le 442, il aime s'appuyer et tourner autour d'une pointe solide comme Gomis qui lui n'a pas le niveau technique pour évoluer seul en pointe.
Un système à deux pointes paraît donc être le bon choix de la part du nouveau coach lyonnais. Michel Bastos s'éclate dans l'aile gauche et, à droite, des joueurs comme Briand et Gourcuff feront parfaitement l'affaire. Reste à trouver un remplaçant à Toulalan pour tourner avec Maxime Gonalons au poste de milieu défensif. Dans les prochains jours, les bleuets rentreront de Colombie et viendront apporter de la profondeur de banc. C'est une nouvelle ère qui commence à l'OL. Avec une victoire à Nice, un nul, qui aurait du être une victoire, face à Ajaccio et une victoire face au Rubin Kazan, l'ère Rémi Garde est bien lancée et l'OL, malgré un recrutement quasi inexistant, reste un candidat sérieux pour le titre de champion.
Un PSG taille Patron ?
Javier Pastore, Jérémy Ménez, Blaise Matuidi, Kevin Gameiro, Milan Bisevac, Nicolas Douchez, Mohammed Sissoko et Salvatore Sirigu. Le recrutement du PSG version Qatari a fait plaisir aux supporters. Avec 85M€ dépensés (et ce n'est peut-être pas fini), le club de la capitale se place clairement parmi les favoris pour le titre. Sur le papier, l'équipe titulaire des Parisiens est très équilibrée, du talent dans toutes les lignes et une force de frappe qui peut faire peur. Néanmoins, il va falloir que la mayonnaise prenne. Les deux premiers matchs de L1 n'ont rassuré personne; entre l'incapacité à marquer contre Lorient et le but encaissé en toute fin de match contre Rennes, les Parisiens ont montré les limites d'une équipe dont les joueurs doivent apprendre à se connaître.
Une équipe avec des stars certes, mais pas assez de banc. Quand on voit qu'Antoine Kombouaré doit faire monter Jallet au poste d'ailier en cas d'absence d'un de ses milieux offensifs (en l’occurrence Néné lors du match contre Rennes), on se dit que les dirigeants parisiens ferait mieux de chercher à enrôler un bon milieu offensif au lieu de vouloir vendre Erding pour le remplacer par un autre attaquant... A mon avis, il manque au moins deux milieux offensifs à l'effectif parisien pour qu'il soit vraiment prêt à lutter sur plusieurs fronts pendant la prochaine saison.
Cette fixation que semble faire Leonardo sur l'arrivée d' un nouvel attaquant ne me paraît pas pertinente. Il veut mettre Gameiro sur le banc ? Pourquoi vouloir se séparer d'Erding ? Le Turc a un profil très intéressant pour jouer à une seule pointe, ce qui n'est pas du tout le cas d'Hoarau...
En tous cas, une chose est sûre, l'effectif parisien doit encore être complété et doit encore se rôder avant d'être véritablement compétitif sinon la Ligue des Champions ne sera pas au rendez-vous et les désillusions, elles, le seront... Une habitude très parisienne malheureusement.
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