• Le génie et la légende vivante

    Le 9 janvier 2012 restera une date gravée à jamais dans la mémoire des fans de football. Lionel Messi a reçu, des mains de Ronaldo et de la belle Shakira, son 3ème Ballon d'Or consécutif. Tout sauf une surprise, ce trophée récompense un joueur qui éclabousse la planète football de sa classe et de son génie, depuis maintenant plus de trois ans. Le même jour, Thierry Henry effectuait son retour sous le maillot d'Arsenal. Un grand moment d'émotion ponctué par un but décisif du Français.


    Autant le fait que «Leo» ait reçu cette récompense en 2010 était discutable voire contestable, autant, en 2011, Messi mérite amplement ce titre tant il a écrasé la concurrence. 54 matchs en 2011 avec le Barça, 53 buts inscrits et 24 passes décisives !! Un but décisif (encore) en finale de la Ligue des Champions, des gestes techniques venus d'ailleurs et une humilité si rare dans ce milieu, le «petit» Messi réalise une année de mamouth et son nom est désormais inscrit en lettres d'or dans les annales du football.
    D'un point de vue statistique, seul Cristiano Ronaldo rivalise grâce à ses performances stratosphériques au Real Madrid. Le Portugais ferait un superbe Ballon d'Or tous les ans mais, malheureusement pour lui, il doit faire face à la concurrence d'un des plus grands joueurs de tous les temps.
    D'un point de vue influence sur le jeu de son équipe, seul Xavi Hernandez rivalise tant son emprise sur le milieu de terrain barcelonais est grande. Messi allie les deux : ses stats sont inhumaines et son humilité, son sang froid dans les grands matchs lui confèrent une influence importante sur ses partenaires malgré une relative timidité.

    A seulement 24 ans, le lutin argentin rejoint le club très fermé des triples détenteurs du Ballon d'Or. Un club qui ne comptait, jusqu'à hier, seulement trois membres : Johan Cruyff (1971,73 et 74) Michel Platini (1983, 84 et 85) et Marco Van Basten (1988, 89 et 92). A noter que Platini comme Messi sont les seuls à avoir été couronnés lors de trois années consécutives.
    Il y a fort à parier que, d'ici peu (dès l'année prochaine ?), «Leo» créera un nouveau club. Celui des quadruples vainqueurs du Ballon d'Or, un club dont il sera le seul membre pendant très longtemps...


    Pendant que Messi recevait sa récompense, Thierry Henry faisait son retour sous les couleurs d'Arsenal. Cet événement à presque relégué au second plan, dans les médias (sauf espagnols), la remise du Ballon d'Or ! En même temps, rien que la standing ovation qui a été faite à Henry, par tout le stade, lors de son entrée en jeu, résume à elle seule le respect et l'admiration qu'il suscite. Sa statue à l'entrée du stade aussi...

    A la 68ème minute, floqué du numéro 12, Titi a donc effectué son grand retour avec les troupes d'Arsène Wenger. Le score était alors de 0-0. Un match serré pour des Gunners sans imagination face à une équipe de Leeds qui jouait sa chance à fond. Le bon vieux match de coupe difficile à gagner et facile à perdre en somme...

    Il a fallu moins de 10 minutes au Français pour faire se lever à nouveau les supporters. A la 77ème, Henry reçoit un ballon de Song. Un peu excentré sur la gauche, dans la surface, il réussit un contrôle pas évident du tout (mi exter, mi pointu) du pied droit et il conclue par sa «classique», frappe enroulé du droit dans le petit filet opposé. Le stade en délire, Titi est dans les bras de Wenger, Arsenal passe un tour de coupe et les images de ce but tournent en boucle.
    Thierry Henry, lui, se contente de parler, avec beaucoup d'émotion, d'«un grand moment dans sa carrière », de «remercier les fans», de dire qu'Arsenal est le «club de son coeur» et qu'il n'est là que pour «rendre des services en sortie de banc».

    Meilleur buteur de tous les temps d'Arsenal et de l'équipe de France, Henry vient encore d'ajouter un chapitre à sa légende. Une légende bien vivante...