
Le 12 mai 1966, les Uruguayens s'imposent à domicile deux buts à zéro. Six jours plus tard, après avoir mené deux fois au score, ils s'inclinent 3-2 sur la pelouse du Monumental de Buenos Aires, à un quart d'heure du coup de sifflet final. La belle a lieu le 20, en terrain neutre, à Santiago. Les Argentins croient tenir leur victoire en menant deux buts à rien à la mi-temps. Mais en seconde période, les joueurs de Peñarol trouvent les ressources pour remonter leur handicap avant d'ajouter deux nouvelles réalisations dans les prolongations pour s'adjuger, sur le score de 4-2, le troisième titre de l'histoire du club.
Cinq mois plus tard, ils prennent part à la Coupe Intercontinentale, qui oppose traditionnellement le champion sud-américain au meilleur club européen. Le Real Madrid avait gagné ce titre en remportant la Coupe d'Europe des clubs sans perdre un seul match, ni contre Anderlecht, ni contre le FK Partizan de Belgrade en finale. Même l’Internazionale, La Grande Inter d'Helenio Herrerra, pourtant vainqueur du titre en 1964 et 1965 consécutivement, ne réussit qu'à leur arracher un match nul à San Siro.
La première manche eut lieu le 12 octobre, à l'Estadio Centenario de Montevideo. Les joueurs uruguayens ne déçurent pas leur public en s'imposant deux buts à rien, deux buts de l'attaquant équatorien Alberto Spencer, meilleur buteur de l'histoire de la Copa Libertadores.
Au retour, à Madrid, un match nul pouvait suffire aux Uruguayens. Pourtant, sur la pelouse de Santiago Bernabeu, les visiteurs trompèrent à deux reprises la vigilance des hommes de Francisco "Paco" Gento, le seul joueur à avoir jamais gagné six titres de champion d'Europe, les cinq premiers d'affilée de 1955 à 1960, et le dernier en 1966, à 33 ans, capitaine émérite d'une jeune génération dorée, la Yé Yé team.
Virgilio Rocha transforma un penalty à la 28ème. A peine dix minutes plus tard, Spencer -encore lui- éteignit les derniers espoirs madrilènes. En cent-quatre-vingts minutes, les Uruguayens n'avaient pas concédé un seul but à l'attaque espagnole. Ils en avaient inscrit quatre dans le même temps. Ce parcours inaugura une période d'invincibilité qui devait durer jusqu'au 14 septembre 1968, lorsque les Aurinegros tombèrent contre le Liverpool Montevideo, après une série jamais égalée de 56 matchs sans défaite...
Outre Rocha, l'équipe fournit un grand nombre d'internationaux : Ladislao Mazurkiewicz, meilleur gardien de la Coupe du monde 1970, où seul le Brésil de Pelé arrêta les Charruàs en demi-finale; Omar Caetano, le petit milieu de terrain qui finit sa carrière au sein des défunts New York Cosmos; Julio César Cortès qui inscrivit lors de la coupe du monde 1966 le deuxième but d'une victoire qui condamnait la France, quelques jours après avoir tenu tête à l'Angleterre, organisatrice et future championne...
Un autre joueur de la grande équipe de Peñarol de 1966 les accompagna en Angleterre, puis huit ans plus tard en Allemagne, pour défendre le maillot ciel et blanc (albiceleste) aux deux étoiles, de l'Uruguay : un dénommé... Pablo Forlàn.



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