New Wembley, le 21 novembre 2007. L’Angleterre reçoit la Croatie lors du dernier match du tournoi de qualifications pour l’Euro 2008. Si les joueurs des Balkans ont déjà la qualification en poche avant la rencontre, il en va différemment pour les Anglais, qui n’ont que deux points d’avance sur la Russie. Leur soirée commence de la pire des manières : Niko Kranjcar trouve le chemin des filets dès la huitième minute de jeu, avant qu’Ivica Olic, pas encore au Bayern de Munich, ne double la marque à la quatorzième. A ce moment, la qualification ne tient plus qu’à un improbable faux pas des slaves qui se déplacent en Andorre, dernier du groupe avec onze défaites en autant de parties disputées. Espoir de courte durée : à la 39ème minute, devant les 200 spectateurs de l’Estadi Comunal, au coeur des Pyrénées, Sychev ouvre le score face aux joueurs de la petite principauté, dans un match à sens unique. A la mi-temps, les Anglais sont éliminés.
A la reprise, Les hommes de Steve McClaren ne se résignent pas et obtiennent un penalty que Lampard convertit. Ils se souviennent alors qu’à l’Euro 2004, c’est ce même Lampard qui avait marqué le but du break face à cette même Croatie, à dix minutes de la fin d’un match couperet remporté quatre à deux par les britanniques. Six minutes plus tard, Peter Crouch volleye dans le but un centre de David Beckham, rentré à la pause. L’Angleterre est alors qualifiée et n’a plus qu’à tenir le score. Les Croates auraient pu s’en contenter. Sous la direction de Darijo Srna, capitaine de la « petite Seleçao » du Shaktior Donetsk qui ramena en 2005 le dernier trophée de la Coupe de l’UEFA en Ukraine, ils continuent à jouer.
A la 69 ème minute, Eduardo cède sa place à Mladen Petric. Ce dernier n’a pas participé à la coupe du monde 2006, barré par une abondance de talent dans le secteur offensif. Mais lorsque Sven Bilic a pris ses fonctions de sélectionneur en août, il a choisi de rappeler l’attaquant pour le début de cette campagne de qualification, et Petric a marqué un quadruplé contre Andorre en octobre. Bilic décide de lui offrir, en même temps qu’à Danijel Pranjic, les vingt dernières minutes de jeu. Il n’en faut que huit aux deux remplaçants pour récompenser leur entraîneur de son intuition : Pranjic accélère sur le côté gauche et glisse la balle dans l’axe à Petric, qui voit l’angle ouvert entre deux défenseurs. Il n’hésite pas. A 25 mètres, de son mauvais pied, le gauche, il déclenche une frappe soudaine. Le ballon traverse la surface de réparation dans sa diagonale, rebondit devant Scott Carson, surpris, et finit sa course dans le petit filet du gardien anglais qui honorait là sa deuxième sélection. Petric laisse éclater sa joie dans un grand silence : son but offre à la Croatie la première victoire sur l'Angleterre de sa jeune histoire en compétition. Il élimine aussi les joueurs britanniques de la course au Championnat d’Europe. Ils n’en avaient plus manqué une seule édition depuis 1984.
A la fin du temps réglementaire, les joueurs anglais proposèrent à leur vainqueur du soir d’échanger son maillot. Petric déclina l’offre : « C’est le but le plus important de ma carrière, le meilleur que j’aie jamais marqué. Ce maillot, je veux le garder pour moi. »
Par la suite, Petric en marqua quelques autres. Au Hambourg SV, où il fut transféré l'année suivante du Borussia Dortmund, il forma une élégante paire d’attaquants avec un Ruud Van Nistelrooy au soir de sa carrière. En Europa Ligue 2010, motivé par la perspective d’une finale programmée dans son enceinte de l’HSH Nordbank Arena, le club allemand élimina successivement le PSV Eindhoven, Anderlecht et le Standard de Liège, avant de tomber face à Fulham. Petric marqua contre chacune de ces équipes. En quarts de finale, à Liège, il redonna l’avantage à son camp grâce à un retourné, trois minutes après l’égalisation belge. En demi-finales, après un match aller sans but de part ni d’autre, c’est lui qui entretint le rêve hambourgeois en ouvrant le score à l’extérieur d’un coup franc de trente mètres. Cette fois-ci cependant, les Londoniens réussirent à reprendre l’avantage, et ne le lâchèrent plus. Au coup de sifflet final, Petric était amer : « C’est la plus grande déception de ma carrière. Surtout après avoir mené... ». Il pouvait l’être d'autant plus qu’il avait déjà connu un déboire similaire, lorsqu’en 2005, sous le maillot du FC Bâle, il avait atteint les quarts de finale de la même compétition.
Après avoir éliminé l’AS Monaco et le RC Strasbourg, les Suisses dominèrent Middlesborough 2 buts à rien à domicile et ouvrirent le score au retour, en Angleterre, condamnant les Teesiders à marquer quatre buts pour passer. Ce qu'ils firent. Viduka égalisa à la 33ème. Le même fit repasser son équipe en tête à la 57ème, Jimmy Floyd Hasselbaink entrouvrit les portes des demi-finales d’une frappe puissante à dix minutes de la fin. C’est un remplaçant, Massimo Maccarone, qui les força définitivement en trompant la défense suisse pour la quatrième fois de la soirée, dans les dernières secondes du match.
La saison suivante ne vit pas le club bâlois rééditer sa performance au niveau continental. Elle vit en revanche Petric réussir son plus beau coup d’éclat.
Le 23 novembre 2006, l’AS Nancy Lorraine se déplace à Bâle. Les suisses ont besoin de points : ils n’en ont pris qu’un en deux matches de poule.
Ce sont les Français qui ouvrent le score à la demi-heure de jeu, par Kim. Leurs adversaires égalisent sur le coup d’envoi par l’Australien Chipperfield, seulement pour concéder un nouveau but aux visiteurs une minute plus tard ! En deuxième période, les Suisses égalisent une seconde fois, par l'intermédiaire d’un autre international australien, Mile Sterjovski. Bâle continue à presser et se découvre. Dans les arrêts de jeu, les Lorrains récupèrent le ballon et lancent un contre soudain à trois joueurs. Issiar Dia reçoit la passe d'André Luiz Silva, se présente seul devant le gardien, s'ouvre le but d'un crochet. Franco Costanzo se jette dans les pieds de l'attaquant, qui tombe. Nancy a une balle de match.
L’arbitre désigne le point de penalty et présente un carton rouge au portier de Bâle, qui doit quitter le terrain. Le match est dans le temps additionnel et les helvètes ont épuisé leur quota de remplacements. Petric s’avance, Costanzo lui tend ses gants. Tandis que l’attaquant se prépare, Costanzo lui parle, d'abondance. On peut seulement deviner les conseils qu’il lui prodigue. Probablement les mêmes que ceux que Mark Crossley confiait en 2002 aux lecteurs des pages sport du Guardian :
« Je sais que ça a l’air évident, mais soyez sûr de toujours plonger. Dans le passé, j’ai été tenté de rester debout au centre en espérant que le joueur tirerait droit devant lui. J’ai essayé une fois, au cours d’un match contre Leicester City, à une période où Matt Elliott avait pris pour habitude de les tirer en force. Lorsqu’il a marqué en tirant sur un côté, j’ai regretté de ne pas avoir au moins plongé.
De cette manière, même s’il le tire au centre, il y a encore une chance que le ballon soit détourné par votre jambe ».
L’arbitre interrompt. Il faut aussi revêtir le maillot de gardien de but. Costanzo l’enlève, le tend à Petric. Il est un peu grand. Les gants aussi sans doute. Il faut les mettre tout de même. Costanzo parle toujours.
« Faites toujours confiance à votre instinct. Si je fais face à un droitier, je pars généralement sur ma gauche, et l’inverse si c’est un gaucher. Si mon instinct me disait de partir de l’autre côté malgré tout, je le suivrais. »
L’arbitre revient, demande à l’Argentin de partir. Le tireur est prêt. Costanzo se tourne, fait quelques pas en direction de la touche... et revient vers Petric, lui glisse encore quelque chose à l’oreille.
« J’ai toujours cru en mes chances, à partir du jour où j’ai arrêté le penalty de Gary Lineker, en finale de la FA Cup en 1991 - ça m’a donné confiance, et c’est la clé. Vous devez vous souvenir que c’est sur le tireur plutôt que sur vous, que s’exerce la pression. »
Petric hoche la tête, finit d’attacher le deuxième gant. Le jeu est arrêté depuis près de trois minutes. Avant de quitter définitivement le terrain, Costanzo vient d’accomplir son dernier geste de gardien. En revenant une fois de plus vers son remplaçant de circonstance, il a appliqué l’ultime conseil de Crossley :
« Vous pouvez essayer de faire en sorte d’augmenter cette pression, en retardant aussi longtemps que possible l'exécution du penalty. »
Cette fois-ci, il ne reste plus que deux hommes dans la surface : Michaël Chrétien, vainqueur l’année précédente de la Coupe de la Ligue avec Nancy, international marocain sous le nom de Michaël Basser, le nom de son père. En face, Petric, dans son maillot au nom d’un autre joueur.
Lorsque Matthew Le Tissier porta pour la 444ème et dernière fois les couleurs de Southampton, le 30 janvier 2002, après n’en avoir jamais porté d’autres, Crossley devint officiellement le seul gardien de but à avoir arrêté un de ses penalties. En 1993, Crossley avait réussi à préserver le résultat de son équipe en détournant la frappe des 11 mètres de Le Tissier. Au cours de sa carrière, "Le God", le héros des Saints, transforma les 54 autres tentatives.
« J’étais dans les buts de Nottingham Forest et il menait l’attaque de Southampton. J’ai eu le sentiment, avant qu’il ne tire, qu’il faudrait que je parte à droite et je me suis dit d’attendre le plus longtemps possible avant de plonger, pour me laisser le temps de faire un bon arrêt s’il la mettait de ce côté. Cela nous a permis de gagner 2-1, au Dell. »
Petric, lui, plonge à gauche. La frappe de Chrétien aurait suffi si le Croate n’avait pas choisi le bon côté. Le ballon frappe sa main, rebondit. Chrétien s’élance. Trop tard : d’un bond, Petric s’est couché sur le ballon et le garde contre terre. Chrétien porte les mains à son visage. Il ne reste que quelques secondes à jouer. Lorsque Petric se relève pour dégager le ballon le plus loin possible sur la pelouse du Parc Saint-Jacques, on serait tenté de croire que le maillot de Costanza ne flotte plus autant sur ses épaules. Celui-ci également, Petric l’aura gardé.
A la reprise, Les hommes de Steve McClaren ne se résignent pas et obtiennent un penalty que Lampard convertit. Ils se souviennent alors qu’à l’Euro 2004, c’est ce même Lampard qui avait marqué le but du break face à cette même Croatie, à dix minutes de la fin d’un match couperet remporté quatre à deux par les britanniques. Six minutes plus tard, Peter Crouch volleye dans le but un centre de David Beckham, rentré à la pause. L’Angleterre est alors qualifiée et n’a plus qu’à tenir le score. Les Croates auraient pu s’en contenter. Sous la direction de Darijo Srna, capitaine de la « petite Seleçao » du Shaktior Donetsk qui ramena en 2005 le dernier trophée de la Coupe de l’UEFA en Ukraine, ils continuent à jouer.
A la 69 ème minute, Eduardo cède sa place à Mladen Petric. Ce dernier n’a pas participé à la coupe du monde 2006, barré par une abondance de talent dans le secteur offensif. Mais lorsque Sven Bilic a pris ses fonctions de sélectionneur en août, il a choisi de rappeler l’attaquant pour le début de cette campagne de qualification, et Petric a marqué un quadruplé contre Andorre en octobre. Bilic décide de lui offrir, en même temps qu’à Danijel Pranjic, les vingt dernières minutes de jeu. Il n’en faut que huit aux deux remplaçants pour récompenser leur entraîneur de son intuition : Pranjic accélère sur le côté gauche et glisse la balle dans l’axe à Petric, qui voit l’angle ouvert entre deux défenseurs. Il n’hésite pas. A 25 mètres, de son mauvais pied, le gauche, il déclenche une frappe soudaine. Le ballon traverse la surface de réparation dans sa diagonale, rebondit devant Scott Carson, surpris, et finit sa course dans le petit filet du gardien anglais qui honorait là sa deuxième sélection. Petric laisse éclater sa joie dans un grand silence : son but offre à la Croatie la première victoire sur l'Angleterre de sa jeune histoire en compétition. Il élimine aussi les joueurs britanniques de la course au Championnat d’Europe. Ils n’en avaient plus manqué une seule édition depuis 1984.
A la fin du temps réglementaire, les joueurs anglais proposèrent à leur vainqueur du soir d’échanger son maillot. Petric déclina l’offre : « C’est le but le plus important de ma carrière, le meilleur que j’aie jamais marqué. Ce maillot, je veux le garder pour moi. »
Par la suite, Petric en marqua quelques autres. Au Hambourg SV, où il fut transféré l'année suivante du Borussia Dortmund, il forma une élégante paire d’attaquants avec un Ruud Van Nistelrooy au soir de sa carrière. En Europa Ligue 2010, motivé par la perspective d’une finale programmée dans son enceinte de l’HSH Nordbank Arena, le club allemand élimina successivement le PSV Eindhoven, Anderlecht et le Standard de Liège, avant de tomber face à Fulham. Petric marqua contre chacune de ces équipes. En quarts de finale, à Liège, il redonna l’avantage à son camp grâce à un retourné, trois minutes après l’égalisation belge. En demi-finales, après un match aller sans but de part ni d’autre, c’est lui qui entretint le rêve hambourgeois en ouvrant le score à l’extérieur d’un coup franc de trente mètres. Cette fois-ci cependant, les Londoniens réussirent à reprendre l’avantage, et ne le lâchèrent plus. Au coup de sifflet final, Petric était amer : « C’est la plus grande déception de ma carrière. Surtout après avoir mené... ». Il pouvait l’être d'autant plus qu’il avait déjà connu un déboire similaire, lorsqu’en 2005, sous le maillot du FC Bâle, il avait atteint les quarts de finale de la même compétition.
Après avoir éliminé l’AS Monaco et le RC Strasbourg, les Suisses dominèrent Middlesborough 2 buts à rien à domicile et ouvrirent le score au retour, en Angleterre, condamnant les Teesiders à marquer quatre buts pour passer. Ce qu'ils firent. Viduka égalisa à la 33ème. Le même fit repasser son équipe en tête à la 57ème, Jimmy Floyd Hasselbaink entrouvrit les portes des demi-finales d’une frappe puissante à dix minutes de la fin. C’est un remplaçant, Massimo Maccarone, qui les força définitivement en trompant la défense suisse pour la quatrième fois de la soirée, dans les dernières secondes du match.
La saison suivante ne vit pas le club bâlois rééditer sa performance au niveau continental. Elle vit en revanche Petric réussir son plus beau coup d’éclat.
Le 23 novembre 2006, l’AS Nancy Lorraine se déplace à Bâle. Les suisses ont besoin de points : ils n’en ont pris qu’un en deux matches de poule.
Ce sont les Français qui ouvrent le score à la demi-heure de jeu, par Kim. Leurs adversaires égalisent sur le coup d’envoi par l’Australien Chipperfield, seulement pour concéder un nouveau but aux visiteurs une minute plus tard ! En deuxième période, les Suisses égalisent une seconde fois, par l'intermédiaire d’un autre international australien, Mile Sterjovski. Bâle continue à presser et se découvre. Dans les arrêts de jeu, les Lorrains récupèrent le ballon et lancent un contre soudain à trois joueurs. Issiar Dia reçoit la passe d'André Luiz Silva, se présente seul devant le gardien, s'ouvre le but d'un crochet. Franco Costanzo se jette dans les pieds de l'attaquant, qui tombe. Nancy a une balle de match.
L’arbitre désigne le point de penalty et présente un carton rouge au portier de Bâle, qui doit quitter le terrain. Le match est dans le temps additionnel et les helvètes ont épuisé leur quota de remplacements. Petric s’avance, Costanzo lui tend ses gants. Tandis que l’attaquant se prépare, Costanzo lui parle, d'abondance. On peut seulement deviner les conseils qu’il lui prodigue. Probablement les mêmes que ceux que Mark Crossley confiait en 2002 aux lecteurs des pages sport du Guardian :
« Je sais que ça a l’air évident, mais soyez sûr de toujours plonger. Dans le passé, j’ai été tenté de rester debout au centre en espérant que le joueur tirerait droit devant lui. J’ai essayé une fois, au cours d’un match contre Leicester City, à une période où Matt Elliott avait pris pour habitude de les tirer en force. Lorsqu’il a marqué en tirant sur un côté, j’ai regretté de ne pas avoir au moins plongé.
De cette manière, même s’il le tire au centre, il y a encore une chance que le ballon soit détourné par votre jambe ».
L’arbitre interrompt. Il faut aussi revêtir le maillot de gardien de but. Costanzo l’enlève, le tend à Petric. Il est un peu grand. Les gants aussi sans doute. Il faut les mettre tout de même. Costanzo parle toujours.
« Faites toujours confiance à votre instinct. Si je fais face à un droitier, je pars généralement sur ma gauche, et l’inverse si c’est un gaucher. Si mon instinct me disait de partir de l’autre côté malgré tout, je le suivrais. »
L’arbitre revient, demande à l’Argentin de partir. Le tireur est prêt. Costanzo se tourne, fait quelques pas en direction de la touche... et revient vers Petric, lui glisse encore quelque chose à l’oreille.
« J’ai toujours cru en mes chances, à partir du jour où j’ai arrêté le penalty de Gary Lineker, en finale de la FA Cup en 1991 - ça m’a donné confiance, et c’est la clé. Vous devez vous souvenir que c’est sur le tireur plutôt que sur vous, que s’exerce la pression. »
Petric hoche la tête, finit d’attacher le deuxième gant. Le jeu est arrêté depuis près de trois minutes. Avant de quitter définitivement le terrain, Costanzo vient d’accomplir son dernier geste de gardien. En revenant une fois de plus vers son remplaçant de circonstance, il a appliqué l’ultime conseil de Crossley :
« Vous pouvez essayer de faire en sorte d’augmenter cette pression, en retardant aussi longtemps que possible l'exécution du penalty. »
Cette fois-ci, il ne reste plus que deux hommes dans la surface : Michaël Chrétien, vainqueur l’année précédente de la Coupe de la Ligue avec Nancy, international marocain sous le nom de Michaël Basser, le nom de son père. En face, Petric, dans son maillot au nom d’un autre joueur.
Lorsque Matthew Le Tissier porta pour la 444ème et dernière fois les couleurs de Southampton, le 30 janvier 2002, après n’en avoir jamais porté d’autres, Crossley devint officiellement le seul gardien de but à avoir arrêté un de ses penalties. En 1993, Crossley avait réussi à préserver le résultat de son équipe en détournant la frappe des 11 mètres de Le Tissier. Au cours de sa carrière, "Le God", le héros des Saints, transforma les 54 autres tentatives.
« J’étais dans les buts de Nottingham Forest et il menait l’attaque de Southampton. J’ai eu le sentiment, avant qu’il ne tire, qu’il faudrait que je parte à droite et je me suis dit d’attendre le plus longtemps possible avant de plonger, pour me laisser le temps de faire un bon arrêt s’il la mettait de ce côté. Cela nous a permis de gagner 2-1, au Dell. »
Petric, lui, plonge à gauche. La frappe de Chrétien aurait suffi si le Croate n’avait pas choisi le bon côté. Le ballon frappe sa main, rebondit. Chrétien s’élance. Trop tard : d’un bond, Petric s’est couché sur le ballon et le garde contre terre. Chrétien porte les mains à son visage. Il ne reste que quelques secondes à jouer. Lorsque Petric se relève pour dégager le ballon le plus loin possible sur la pelouse du Parc Saint-Jacques, on serait tenté de croire que le maillot de Costanza ne flotte plus autant sur ses épaules. Celui-ci également, Petric l’aura gardé.


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