Hier, la jeune équipe d'Allemagne a donné une véritable leçon de football à une bien pâle formation argentine. La Mannschaft a joué son football: simple, propre et diablement efficace. Les Argentins et Diego Maradona peuvent en témoigner, eux qui n'ont pu que constater les dégâts: cette Allemagne fut imprenable dans le jeu et d'un réalisme froid qui nous rappelle les années 70-80.
Après l'ouverture du score par Müller dès la 3ème minute, les Argentins n'ont jamais réussi à vraiment mettre en danger une formation allemande extrêmement rigoureuse dans son placement défensif. Un rêve pour tout entraîneur: tous les joueurs participent à la récupération, le terrain est parfaitement quadrillé et les situations de contres parfaitement exploitées. A la mi-temps (1-0), on se dit que Diego va souffler tellement fort dans les bronches de ses joueurs que l'Albiceleste va revenir gonflée à bloc et vont agresser leur adversaire. Que nenni ! Les Sud-américains, décevants dans l'animation, n'arrivent pas à bouger la Mannschäft et Neuer n'a eu que quelques frappes lointaines à stopper... Tranquille pour le portier alllemand.
Klöse se rapproche du record
L'Allemagne a donc pu continuer son récital et à la 68ème, alors qu'il est à terre, Müller (encore lui !) réussit à glisser le ballon dans la profondeur à Podolski qui effectue un centre tendu pour Klöse qui n'a plus qu'à pousser le ballon au fond des filets de Romero. A 2-0, les Argentins ont lâché le match et ont véritablement regardé les hommes de Löw ajouter deux autres buts par Friedrich, après un superbe travail de Schweinsteiger et par...Klöse, qui a profité d'un excellent service du non moins excellent Mezut Özil.
Ce bon vieux Miroslav Klöse, 32 ans et toujours bien placé pour transformer en but le travail de ses coéquipiers, en est à 14 buts en trois Coupes du Monde, il a égalé le record de Gerd Müller et n'est plus qu'à une longueur de Ronaldo. Pas mal pour un joueur qui a passé beaucoup de temps à l'infirmerie la saison écoulée. Il faut noter tout de même que quatre joueurs allemands figurent dans les 10 meilleurs buteurs de tous les temps en Coupe du Monde: Miroslav Klöse (14 buts), Gerd Müller (14 buts), Jürgen Klinsmann (11 buts) et Helmut Rahn (10 buts).
Cette impressionnante Mannschäft atteint les demi-finales d'une Coupe du Monde pour la douzième fois de son histoire et se place désormais en grande favorite pour le titre même si elle devra faire sans Thomas Müller qui sera suspendu au prochain match contre l'Espagne.
San Iker est bel et bien là !
De son côté, la Furia Roja a eu toutes les peines du monde à se débarrasser d'une très bonne équipe paraguayenne. Le plan de jeu mis en place par Gerardo Martino a parfaitement marché. Les Sud-américains ont joué haut, ont pressé les premiers relanceurs espagnols pour empêcher les Ibères d'imposer leur «Toque».
Cette tactique a donc merveilleusement bien fonctionné, les Paraguayens ont fait preuve de beaucoup de générosité dans l'effort et le match aurait même pu tourner en leur faveur quand M. Batres, l'arbitre de cette rencontre, leur accorda un pénalty à la 57ème.
Mais Oscar Cardozo vit sa tentative repoussée par un Iker Casillas qui plongea du bon côté. Dans la continuité, Alcaraz accrochait Villa dans la surface: penalty pour les Espagnols, transformé tout d'abord par Xabi Alonso mais M. Batres demanda à ce que ce pénalty soir retiré, des joueurs espagnols étant «partis» avant le ballon. Xabi Alonso s'élança donc a nouveau et sa frappe fut cette fois repoussée par Villar ! Quel scénario ! 2 (pardon 3 pénalties) dans ce match et toujours 0-0 !
Il fallu donc, pour délivrer l'Espagne, une accélération plein axe d'Iniesta (le roi du contre-pied), un décalage pour Pedro qui frappait sur le poteau et Villa, encore une fois bien placé, a pu finir l'action en marquant ce qui sera l'unique but du match. En inscrivant son 5ème but dans ce Mondial, David Villa prend seul la tête du classement des buteurs et s'impose comme l'homme providentiel côté espagnol. Après ce but, les Paraguayens vont tout tenter pour revenir au score. Ils eurent même une énorme occasion à la 89ème mais San Iker nous gratifia de deux arrêts réflexes de folie devant Barrios puis Santa Cruz. Deux réflexes qui ont rappelé à tous que le très critiqué Casillas reste un des meilleurs gardiens du monde et sur ce match les Ibères lui doivent la qualification autant qu'à des joueurs comme Villa ou Iniesta.
Ce sera donc Allemagne-Espagne en demi-finale, le Toque ibérique contre le jeu direct et plein de culot de la Mannschäft: personnellement je pense que ce match peut atteindre des sommets en matière de qualité et d'intensité... Hâte d'y être!
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